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Sur les chemins noirs

Sylvain Tesson – François Schuiten

Gallimard, Paris, 2025.

« Le 31 août, par le pays du Verdon
[…] Ma jouissance se nourrissait du retour de mes forces. Guérir tenait du processus végétal : la santé se distribuait dans l’organisme comme les fibres de la plante. Elle rampait, poussait. Mon soin était de la laisser se déployer en jouissant mezza voce de l’effort modéré de la marche. La quotidienne remise en route offrait un plaisir de basse intensité, résumé à presque rien : détecter des traces de vie dans la montagne, de jolies trouées dans une échancrure, la vie d’un mas ou d’un chevet roman. Un engoulevent s’exfiltrait devant moi, c’était une vision pour l’éternité. […]
Aller par les chemins noirs, chercher des clairières derrière les ronces était le moyen d’échapper au dispositif*. Un embrigadement pernicieux était à l’oeuvre dans ma vie citadine : une surveillance moite, un enrégimentement accepté par paresse. Les nouvelles technologies envahissaient les champs de mon existence, bien que je m’en défendisse. Il ne fallait pas se leurrer, elles n’étaient pas de simples innovations destinées à simplifier la vie. Elles en étaient le substitut. Elles n’offraient pas un aimable éventail d’innovations, elles modifiaient notre présence sur cette Terre. Il était « ingénu de penser qu’on pouvait les utiliser avec justesse », écrivait le philosophe italien Giorgio Agamben¹ dans un petit manifeste de dégoût. Elles remodelaient la psyché humaine. Elles s’en prenaient aux comportements. Déjà, elles régentaient la langue, injectaient leurs bêtabloquants dans la pensée. Ces machines avaient leur vie propre. Elles représentaient pour l’humanité une révolution aussi importante que la naissance de notre néocortex il y a quatre millions d’années. Amélioraient-elles l’espèce ? Nous rendaient-elles plus libres et plus aimables ? La vie avait-elle plus de grâce depuis qu’elle transitait par les écrans ? Cela n’était pas sûr. Il était même possible que nous soyons en train de perdre notre pouvoir sur nos existences. Agamben encore : nous devenions « le corps social le plus docile et le plus soumis qui soit jamais apparu dans l’histoire l’humanité ». Partir sur les chemins noirs signifiait ouvrir une brèche dans le rempart. N’ayant en moi ni la violence du saboteur, ni le narcissisme de l’agitateur, je préférais la fuite. Assis sur l’herbe dans la volute d’un cigarillo, je disposais au moins du pouvoir d’oublier les écrans et de m’hypnotiser plutôt du vol des vautours par-dessus les ancolies.
¹ Qu’est-ce qu’un dispositif ?, Payot, 2007.
 » (pp.44-46).
[*Je souligne.]

« Le 5 novembre
Le chemin reprit ses dispositions fraternelles, serpentant au bord du vide, frôlant l’extrémité du cap de Carteret sur le crêt des falaises. La mer barattait son écume sur les platiers noirs. […]
Je retardais mes compagnons à trop contempler les murets. L’art de la marqueterie bocagère avait atteint ici un haut degré d’accomplissement. La pierre accueillait la mousse. La mousse arrondissait les angles et protégeait des sociétés de bêtes. Oh ! comme il eût été salvateur d’opposer une « théorie politique du bocage » aux convulsion du monde. On se serait inspiré du génie de la haie. Elle séparait sans emmurer, délimitait sans opacifier, protégeait sans repousser. L’air y passait, l’oiseau y nichait, le fruit y poussait. On pouvait la franchir, mais elle arrêtait le glissement de terrain. À son ombre fleurissait la vie, dans ses entrelacs prospéraient des mondes, derrière sa dentelle se déployaient les parcelles. La méduse du récent globalisme absorbait les bocages. Ce remembrement du théâtre mondial annonçait des temps nouveaux. Ils seraient peut-être heureux mais n’en donnaient pas l’impression. Qui savait si les nouvelles savanes planétaires allaient produire d’heureux forums ou des champs de bataille ? Ce qui était sûr, c’est que la tempête arrivait sur Flamanville et que nous n’avions pas d’abri. Pas un dolmen ! Pas un bunker ! Et même pas de troquet avancé sur la falaise. » (pp. 156-157)

Remarque personnelle : Je lis et cite Tesson car j’aime ses livres, son écriture et certaines de ses pensées. Il me fait voyager et j’apprécie son regard poétique et critique sur le monde. Pour autant, je n’ignore pas la polémique…
Notamment : https://www.lesinrocks.com/livres/sylvain-tesson-ou-les-liaisons-dangereuses-avec-lextreme-droite-565869-09-06-2023/ 
Je ne suis ni de droite, ni d’extrême droite. Je me dis et me pense même plutôt de gauche. Cependant, le débat sur le wokisme et l’anti-wokisme m’agace par le manque de nuances qui le caractérise le plus souvent dans un monde médiatique de plus en plus polarisé. Je suis également conscient de la « guerre culturelle » en cours (lire notamment le formidable livre « Résister » de Salomé Saqué à ce sujet) et tente, à mon petit niveau, d’y contribuer dans ma vie. Je ne trouve rien à redire, en l’occurrence, dans les deux extraits ci-dessus. Je ne les trouve même pas « réacs », mais plutôt critiques d’une certaine marche forcée (aliénante et maltraitante) du monde. Ils sont au moins l’expression créatrice d’une pensée libre. Globalement, je ne vois pas en quoi les livres de Tesson seraient particulièrement de droite ou d’extrême droite. Quant aux fréquentations de Tesson, je ne les connais pas. Je pense aussi que certaines auteurs « de gauche » (ou qui s’en revendiquent) sont peut-être eux-mêmes des salauds, des gens infréquentables, sans qu’on le sache ou que l’on puisse s’en douter à travers leurs textes. Cela ne nous empêche pas non plus de les lire, voire d’apprécier leurs oeuvres. Quoiqu’il en soit, j’attends toujours le travail d’exégèse littéraire qui me démontrera en quoi l’oeuvre de Tesson constitue un problème éthique ou moral en elle-même. Moi, ce que je trouve dingue, c’est de clouer ainsi un auteur au pilori.


admin6745
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